Réponse synthétique
La RE2020 intègre l'impact carbone des fondations dans le calcul de l'indicateur Ic Construction. Pour réduire cet impact, privilégier les matériaux d'apport locaux (rayon < 30 km), optimiser les cubatures par calcul TIN, et utiliser des bétons bas carbone CEM III/A en substitution des CEM I.
La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) a introduit une rupture majeure dans la conception des bâtiments : pour la première fois, l'impact carbone des fondations et du terrassement est intégré dans le calcul réglementaire. Ce changement oblige les maîtres d'ouvrage et leurs bureaux d'études à repenser leurs prescriptions dès la phase de terrassement.
L'indicateur Ic Construction : ce que couvre vraiment la RE2020
L'indicateur Ic Construction mesure l'impact carbone de l'ensemble des composants du bâtiment sur son cycle de vie, y compris les fondations, les dallages et les remblais techniques. Concrètement, chaque m³ de béton de fondation, chaque tonne de matériau d'apport et chaque km parcouru par les engins de terrassement contribue au bilan carbone de l'opération.
Les seuils RE2020 se resserrent progressivement : les valeurs limites de 2025 sont 15 % plus strictes que celles de 2022, et une nouvelle réduction de 25 % est prévue pour 2028. Les projets qui ne prennent pas en compte l'impact carbone du terrassement dès la conception risquent de se retrouver hors conformité lors du dépôt de permis.
Bétons bas carbone : le levier le plus efficace
Le remplacement des ciments Portland classiques (CEM I) par des ciments à faible teneur en clinker (CEM III/A, CEM II/B) est le levier le plus immédiat pour réduire l'impact carbone des fondations. Un béton CEM III/A présente une empreinte carbone de 150 à 180 kg CO₂/m³, contre 280 à 320 kg CO₂/m³ pour un béton CEM I de résistance équivalente , soit une réduction de 35 à 45 %.
Optimisation des cubatures : moins de transport, moins de carbone
Le calcul de cubatures par modèle numérique de terrain (TIN , Triangulated Irregular Network) permet d'optimiser l'équilibre déblais-remblais sur le chantier. En minimisant les volumes à évacuer ou à apporter, on réduit directement le nombre de rotations de camions , et donc les émissions de transport, qui représentent en moyenne 20 à 30 % de l'impact carbone d'un chantier de terrassement.
Chez TerraForce TP, chaque chantier de terrassement fait l'objet d'un calcul TIN préalable. Sur la déviation RD 937 à La Roche-sur-Yon, cette optimisation a permis de réduire les rotations de tombereaux de 23 %, soit une économie de 47 tonnes de CO₂ sur l'ensemble du chantier.
Matériaux d'apport locaux : la règle des 30 km
La RE2020 valorise l'utilisation de matériaux d'apport issus de carrières situées dans un rayon de 30 km du chantier. Au-delà de l'impact carbone du transport, les matériaux locaux présentent souvent une meilleure adéquation géotechnique avec les sols en place , réduisant les risques de tassement différentiel et les reprises de compactage.


